ABOUT 

Behind the moniker COCOON hides Christophe Demarthe, singer of Clair Obscur, one of the flagship French bands of the post-punk scene of the 80s. Cocoon is a global project mixing electronic music, video, photo, text and performance. One of its red threads could be the extension of Clair Obscur’s attempt to move the performance and reception frames. Since its creation in 2004, Cocoon has performed in numerous festivals: Le Nouveau Festival du Centre Pompidou, Villette Numérique, L’Ososphère, Interstice, Emo-Son, Qwartz Awards, Nuit Blanche, Room 4… He has collaborated with visual artists Pierre Beloüin, Ludovic Chemarin©, P. Nicolas Ledoux, Ultralab ; choreographers and directors Anne Juren, Annie Dorsen, Agata Maszkiewicz, Superamas. Alongside Cocoon, Christophe Demarthe co-founded Acoustic Cameras, a real-time online collection edited by La Manufacture des Cactées and Optical Sound.

CONTACT | christophedemarthe@gmail.com

 

BIO

2019

We Need A Volunteer

performance

Room 4, CAN, Neuchâtel, Switzerland, 29 Nov

• audio work for the performance Taki Pejzaz by Agata Maszkiewicz

Komuna Warszawa, Warsaw, Poland, 9-11 May

Ludovic Chemarin©, Histoire sans fin

duet Olivier Combault & Cocoon

La BF15, Lyon, 16 Feb

You’ve Arrived

vinyl album Optical Sound

2018

• Ludovic Chemarin©, Moments

exhibition / edition

mfc-michèle didier, Paris, 27 Nov – 2 Feb 2019

We Need A Volunteer

performance

The Sun Ain’t Gonna Shine Anymore, Electron Festival, Geneva, 19 April

Intimités

collective exhibition

Le Liberté, scène nationale de Toulon, 8 Feb – 31 March

2017

La Passion de Jeanne d’Arc

silent movie with live music / Carl Theodor Dreyer / Les Voix Animées / Cocoon

Festival Fimé, Le Liberté, scène nationale de Toulon, 10 Nov

A Night Of Real Recognition

live music festival Optical Sound / frasq / Biennale Nemo

Le Générateur, Gentilly, 28 Oct

Acoustic Cameras

collective exhibition

Le Cube, Issy-les-Moulineaux, 23 Sep – 23 Dec

2016

You’ve arrived

live piece for the web project Acoustic Cameras

• audio work for the performance Comma by Anne Juren

Brut, Wien, Austria, 27 – 28 Feb

• co-creation of Acoustic Cameras

online collection co-edited by Optical Sound and La manufacture des Cactées

2014

We Need A Volunteer

performance

Spring ‘S’ Night / Espace de l’Art Concret, Mouans-Sartoux, 29 March

2012

Oh! Hé! Hein! Bon!

music piece for Objets noirs et choses carrées, Nino Ferrer Revisited

CD compilation directed by Philippe Perreaudin, Optical Sound

Cocoon III

CD Optical Sound

2011

Signs

live piece for Les Echos de l’Etale

online event, Les Editions Cactus, 19 Nov – 5 Dec

• sound piece for Banalités Curieuses

collective exhibition curated by Olivia Hernandez and Virginie Thomas (duCygne)

Immanence, Paris, 23 Sept – 15 Oct

We Need A Volunteer

performance

festival Interstice, Station Mir / ESAM, Caen, 19 May

Cocoon@Plateforme

exhibition with guests: Pierre Belouïn, Gilles Berquet,

P. Nicolas Ledoux, Mirka Lugosi, Sophie Sommerlatt, Ultralab™

Plateforme, Paris, 25 March – 10 April

2010

• music for Edward Bond’s Les Enfants

theatre play by Bruno Lajara

Théâtre de Boulogne-sur-mer

Concert pour Dreamachines

L’Ososphère / L’Aubette, Strasbourg, 2 Oct

• visual work for Previously on Optical Sound

collective exhibition curated by Pierre Beloüin, P. Nicolas Ledoux and Olivier Hüz

Galerie Frédéric Giroux, Paris, 6 – 24 Jul

• live music for Solo de danse (avec son temps)

choreography by Eva Vandest

June Events, Atelier de Paris – Carolyn Carlson, Vincennes, 8 Jun

• sound piece for the work Black Night 02 by Ultralab

collective exhibition

Ce qui vient – Biennale d’art contemporain de Rennes, 30 April – 18 July

2009

We Need A Volunteer

performance

Le Nouveau Festival du Centre Pompidou

Le Kiosque Electronique d’Olivier Vadrot et Cocktail Designers

carte blanche à Optical Sound

Centre Pompidou, Paris, 23 Oct

Echos Flottants 

a sonic cruise proposed by L’Ososphère, curated by Pierre Beloüin

Canaux de Strasbourg, 2 Oct

2008

• sound piece for the exhibition Peinture. 3 by Icon Tada

Galerie Magda Danysz, Paris, 13 Dec 2008 – 17 Jan 2009

• audio & visual work for the exhibition Casino 23 by Pierre Beloüin

Le Dojo, Nice, 17 Oct 2008 – 10 Jan 2009

• sound piece for P. Nicolas Ledoux solo show

Galerie Magda Danysz, Paris, 6 Sept – 1 Oct

Basic First Aid

video work for Insomnies, collective exhibition proposed by L’Entreprise & Optical Sound

Maison d’art Bernard Anthonioz, Nogent-sur-Marne, 5 – 7 Jun

• audio work for Voyeur Home

collective exhibition curated by Mélissa Epaminondi

L 140, Paris, 13 – 30 March

Le train couchettes

visual work for Soundtracks for the blind, Livraison 10

contemporary arts journal directed by Pierre Beloüin, Rhinocéros

2007

We Need A Volunteer

performance

Le Cube, Issy-les-Moulineaux, 13 Dec

• sound pieces for the exhibition L’Ile de Paradis by Ultralab

Jeu de Paume, Paris, 9 Oct – 30 Dec

• performance for the installation Str Crsh by Pierre Beloüin

L’Ososphère, MAMCS, Strasbourg, 29 Sept

We Need A Volunteer (excerpt)

performance

Qwartz Awards, Cirque d’Hiver, Paris, 23 March

Sleep / Foyer

video works selected for Comunismo da Forma

collective exhibition curated by Fernando Oliva and Marcelo Rezende

Galeria Vermelho, Sao Paulo, Brazil, 20 Jul – 04 Aug

L’usine papier

sound piece for Awan – Siguawini — Spemki —

exhibition and CD compilation by Pierre Beloüin, Optical Sound

2006

We Need A Volunteer

performance

Transports Non Communs, In Fact, Couvent des Récollets, Paris, 9 Sept

– OPA, Qwartz, Paris, 14 Jun

– Miejski Osrodek Kultury, Polart, Lodz, Poland, 10 Jun

Monoquini, Montpellier, 15 March

– festival Emergences, Le Périscope, Nîmes, 14 March

– MCA, Plusieurs, Creil, 4 March

2005

More Violent Days Are To Come

CD Optical Sound

We Need A Volunteer

performance

– festival Souterrain porte III, Le Totem, Maxéville, 30 Sept

– Un dimanche à Pigalle, Le Joy’s, L’Entreprise, Paris, 13 March

Do Not Undress Me

sound piece for No Repeat No Repeat, Fractal Musik n°3

CD compilation curated by Joël Hubaut / Station Mir, Sémiose Editions

2004

Clandestine

video work selected by Hou Hanru for Nuit Blanche, Paris, 2 Oct

We Need A Volunteer

performance

– Salon Light, CNEAI, Point Ephémère, Paris, 5 Dec

– festival Emo-Son, Emmetrop, Bourges, 4 Dec

– festival Emergences/Villette Numérique, Dédale, La Villette, Paris, 1 Oct

– festival Nowa Fabryka, L’Entreprise, Katowice, Bytom, Poland, 18 & 24 Sept

– Les Voûtes. Paris, 18 Jun

Debut Album

CD Optical Sound

 

 

OPTICALSOUND LA REVUE #6  |  ENTRETIEN 

Pierre Beloüin : Notre première rencontre date de 2003 lors d’une soirée de la revue Mouvement à l’Espace EOF. À cette occasion, tu m’avais laissé la démo de ton nouveau projet solo Cocoon, puis en 2004 nous sortions le Debut album de Cocoon, avec un lancement aux Voûtes à Paris. Qu’est ce qui t’a poussé à cette époque, après CO2 en 1999 et La Lune, à fonder ce projet ? Peux-tu nous resituer le contexte culturel et musical ?

Christophe Demarthe : Le processus qui a donné naissance à Cocoon s’est joué entre la fin des années 1990 et le début des années 2000. En 1998-99 nous avons arrêté Clair Obscur de guerre lasse. Le groupe était toujours très uni, mais en France les portes nous étaient trop souvent fermées. Alors, le cœur gros, nous avons décidé de jeter l’éponge. C’est dans cet état d’esprit que j’ai commencé à composer des morceaux pour moi-même, sans but, pour le plaisir, un plaisir onaniste. Pendant deux ans environ, j’ai écrit une quinzaine de titres, sans projet en tête. Et puis, en écoutant ces morceaux ensemble, j’ai pensé que cela ressemblait à un nouveau projet. Je lui ai donné le nom de Cocoon, car c’est ce que la musique, l’art, pouvait être pour nous Clair Obscur: un cocon, un refuge, ce qui est à la fois rassurant mais aussi dangereux. Nous avons beaucoup travaillé sur cette notion de refuge devenant danger, dans nos spectacles ainsi que dans nos albums. En outre, il y a aussi dans le choix du pseudo Cocoon un aspect plus intime qui apparaît dans les matériaux, les images, les situations que j’utilise dans mes performances comme dans mes disques. Le contexte culturel et musical de l’époque c’était pour moi les soirées genre Burö à Paris où passaient les musiques électroniques expérimentales qui m’intéressaient. Ce qui est marrant, c’est qu’autant les musiques me plaisaient, autant leur présentation me faisaient rire, à savoir l’espèce de posture obligée des musiciens derrière leurs laptops qui jouaient sur une sorte de présence absente: «Je suis là mais je ne suis pas là ». Une présence bien postmoderne en fait. Postmoderne de façon moutonnière. Ce qui est marrant donc, c’est que je relevais dans ces modes de rapport au public, le même hiatus que nous avions noté dans les concerts punk/post-punk du Paris au début des années 1980. Des relations scène-salle très conformistes par rapport à la musique qui se voulait en rupture. Bref, ce hiatus s’est naturellement imposé comme matière à creuser lorsqu’il s’est agi pour moi de présenter la musique de Cocoon en concert. Et c’est ainsi qu’est né le concert-performance «We Need A Volunteer» que j’ai joué une vingtaine de fois en France et en Europe entre 2004 et 2018.

PB : Cocoon est en quelque sorte un projet introspectif de rupture(s) après des années de réalisations collectives avec Clair Obscur. On distingue cependant dès le premier album des invités et des thématiques assez singulières que tu abordes. Peux-tu nous en parler et évoquer quelles étaient tes influences musicales ?

CD : Je ne ressens pas Cocoon comme un projet de rupture par rapport à Clair Obscur. Bien au contraire. La thématique de la représentation, par exemple, qui est présente dès la première apparition scénique de Cocoon, fait suite à celle déjà questionnée par Clair Obscur. D’un point de vue musical, lors de l’écriture du nouvel album You’ve arrived, je me suis plusieurs fois demandé si tel ou tel titre était plutôt du Clair Obscur ou du Cocoon. Évidemment, s’agissant d’un projet solo, je me permets d’explorer certains univers plus personnels. Mais, là encore, ceci est à relativiser car Clair Obscur a souvent fonctionné en symbiose. Sans doute cette extraordinaire symbiose qui existait entre nous a-t-elle paradoxalement permis à chacun d’œuvrer en introspection à l’intérieur d’une construction collective. Alors oui dans Cocoon il existe certaines thématiques intimes que je n’aurais sans doute pas approchées au sein de Clair Obscur. Comme la thématique du placement/déplacement dans la sphère privée. Mais là encore, je mets ces thématiques en miroir avec leurs «équivalents» dans la sphère publique. Ou alors je les suggère, plus que je ne les dis. Je me souviens par exemple de la réaction d’un spectateur, après la performance «We Need A Volunteer», venant me dire: « C’est dingue ce que cela a bougé en moi». Je veux dire qu’il y a dans mon travail, à l’intérieur de certaines thématiques parfois, du sous-texte, voire du non-texte –car cela passe par autre chose que le texte– quelque chose de sensible qui va toucher certaines personnes. Cela parle d’une intimité à une autre intimité. Un peu comme si je voulais dire quelque chose sans le dire et que certain(e)s l’entendent. Je ne sais pas si vous entendez ce que je viens de dire (rires).

Aphex Twin, Squarepusher, Autechre, Tricky, Pan Sonic faisaient partie de mes influences musicales au moment où Cocoon était en gestation. J’en oublie. Il me faudrait me replonger dans mes CD. Je me rappelle davantage des influences musicales de Clair Obscur.

PB : J’aimerais tout de même que tu nous parles des collaborations avec des artistes invités sur les deux premiers albums (OS.007 / OS.012). Je pense notamment à Sylvain Chauveau, Dorota Kleszcz ou encore Servovalve mais aussi aux travaux de Cocoon destinés à la danse, au théâtre, ciné-concert ou à l’art contemporain.

CD : Que je compose pour autrui sous le nom de Cocoon ou non, je fonctionne essentiellement par intuition. Chez moi, un élément vu, lu, entendu en convoque facilement un autre qui lui-même en appelle un troisième, et ainsi de suite. C’est une sorte de télescopage de possibilités qui se produisent en moi à la vue ou à l’écoute d’un élément originel. C’est assez pratique et assez jouissif, je dois dire. Dès les débuts de Clair Obscur, nous nous sommes intéressés à d’autres domaines artistiques que la musique (théâtre, cinéma, danse, arts visuels, etc. Nous nous sommes donc assez vite constitués un catalogue d’objets qui, aujourd’hui, permettent au compositeur que je suis (parfois auteur, parfois dramaturge) de piocher des éléments qui viendront se mettre en perspective avec l’élément premier qui est la proposition de l’artiste commanditaire. Ce serait sans doute trop long à développer ici mais, à titre d’exemple, je renverrai le lecteur à ma note d’intention sur le cinéconcert Jeanne d’Arc de Dreyer avec Les Voix Animées. https://www.cocoon.christophedemarthe.com/la-passion-de-jeanne-darc-by-dreyer/ Parfois, mes intuitions peuvent être brutes, revêches voire grossières. En ce cas je ne les rejette pas systématiquement sous le simple prétexte qu’elles paraissent trop évidentes. Au contraire, je les examine, et si je trouve une espèce de logique fulgurante (parfois bête) dans le dispositif ainsi conçu, entre son et élément visuel, par exemple, eh bien j’assume ce télescopage grossier cachant une logique fluide. Par exemple, sur ton exposition Casino’23 au Dojo à Nice, je t’avais demandé de me trouver une petite statue de la Vierge et une grande guirlande lumineuse pour accompagner la musique qui était un patchwork assez traumatique entre une dance music pesante d’une part, et grandes orgues d’église d’autre part. J’aime pouvoir indifféremment faire des propositions parfois fines, parfois massives. Cela complexifie et enrichit les choses. Pour l’une de mes dernières collaborations, Ludovic Chemarin© Moments, chez mfc-michèle didier, qui était une commande de musique pour un triple album vinyle, puisque le point de départ c’est «personne» étant donné qu’il s’agit d’un artiste visuel qui a renoncé à sa carrière artistique en vendant son nom et son œuvre, j’ai eu l’envie de partir de quelque chose que je ne connais pas, que je ne sais pas faire, la musique progressive des années 1970, les concepts albums, ce genre de choses. Évidemment, je n’ai pas vraiment réussi à rester dans quelque chose que je ne sais pas faire. C’est un exercice difficile. On finit toujours par se rattacher à ses attèles. Et donc je devais toujours essayer de me remettre en situation de perdition. Ce n’était pas très agréable comme expérience. C’était en juillet, il faisait très chaud à Paris. La deadline était très proche. Elle avait été avancée… Je pestais. Et en même temps, j’ai pensé que cet inconfort dans lequel j’étais depuis des semaines avait un sens par rapport à cette collaboration précise. Le résultat lui-même, qui est comme un échouage –c’est-à-dire que j’ai échoué à un endroit que je n’imaginais pas – me semble intéressant, en correspondance logique avec l’ordre de mission (même si je n’ai pas ou prou respecté le cahier des charges). Concernant la présence de Sylvain Chauveau sur le premier et le deuxième album de Cocoon, il s’agit plus d’emprunt que de collaboration. En revanche, Sylvain, Frédéric Nogray et moi avons collaboré lors du tout premier live de Cocoon aux Voûtes à Paris, en reprenant la mémorable chanson « Les neiges du Kilimandjaro». Sur l’album More Violent Days Are To Come, ce n’est pas moi mais Bruno Lajara qui a eu l’idée de mixer un titre de Sylvain avec un titre de Cocoon. J’ai juste trouvé le résultat intéressant et demandé à tous deux l’autorisation de mettre ce≈ mix sur mon disque. Pas mal de titres de Cocoon ont été utilisés avec mon accord par des metteurs en scène, cinéastes, chorégraphes, artistes visuels. La musique de Cocoon se prête assez bien à la synchro. Arnaud Laporte qui m’avait invité sur France Culture m’avait raconté qu’il avait joué ensemble deux titres de mon premier album, et que cela fonctionnait. Je n’en doute pas. Je trouve cela très bien. Certains de mes confrères s’offusquent à l’idée qu’on puisse «modifier» leur musique. Je ne comprends pas leur attitude plombante de petits propriétaires. La base de l’art, c’est la mise en perspective. La simple mise en perspective d’une pièce musicale avec un élément extérieur modifie cette musique. Les Servovalve ont carrément passé toute la musique de mon premier album dans leur Semuta. Et le résultat est excellent. 

Dans la continuité de ce travail de mise en perspective, on peut dire, je pense, que le projet Acoustic Cameras, que nous avons lancé avec La manufacture des Cactées et Optical Sound, a produit un certain nombre de télescopages intéressants. Sur le nouvel album, nous aurions peut-être pu avoir la collaboration de France Culture car j’ai songé à mettre sur trois titres de l’album des interviews entendues sur la chaîne, autour de la question du foyer. Et finalement nous avons décidé de laisser la musique seule car elle a pris une dimension nouvelle qui justifie sans doute de l’écouter comme telle. Mes seuls collaborateurs sur You’ve arrived sont les cinq paires d’oreilles créditées sur le disque qui m’ont aidé à choisir et mettre ensemble les douze titres. Concernant ma collaboration avec Dorota Kleszcz, les choses sont un peu différentes. J’avais remarqué son travail de performeuse. Dorota est une artiste visuelle qui a étudié l’art de la performance aux Beaux-Arts de Varsovie. Nous nous sommes rencontrés et elle a été sensible à ma performance «We Need A Volunteer». Je lui ai fait la proposition un peu cavalière d’intervenir en live uniquement sur un titre et en tant que guitariste (sur certaines dates quand le budget le permettait). Elle a accepté et a travaillé la guitare d’arrache-pied, avec l’aide de Nicolas Demarthe de Clair Obscur. C’est donc bien une artiste issue de la performance que nous voyons jouer de la guitare pendant 3 minutes sur un spectacle de 45 minutes. Sa présence scénique sur le morceau «Catkiller» amplifie grandement un des points d’acmé de la performance.

PB : Pour en revenir à la question de la composition, Rainier Lericolais a par exemple longtemps utilisé sa banque sonore de samples, ce qui crée sur la durée et les différentes sorties une touche et une patte très reconnaissable. De même pour toi, que ce soit pour Clair Obscur ou Cocoon, on retrouve très souvent –tout du moins sur les deux premiers albums– un célesta ( http://cocoonmusic.free.fr/Raimbeaucourt.mp4). Je pense d’ailleurs que les deux premiers albums (OS.007 et OS.012) sont à mettre à part du troisième (OS.053) et du dernier qui vient de sortir (OS.070). Les plus récents sont à mon sens plus lyriques ou atmosphériques, comme «purgés» d’un sens politique narratif direct, de notions de contraintes, de théâtralité, et seraient sans doute intransposables en concertperformance, comme tu le faisais auparavant. Sans rentrer dans ton intimité, des changements personnels ou de goûts ont-ils influé sur ta musique? Cette notion de foyer justement me semble très prégnante dans ton travail, l’est-elle encore?

(SUITE)

 

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